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verlanto

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Myaki Karma _ Phantom of requiem

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Création : 23/01/2010 à 11:54 Mise à jour : 09/02/2012 à 12:20

Les veilleurs de rêves





Chers lecteurs,

Entre vous et moi, il y a un pacte invisible. Un pacte de confiance. J'écris un récit en y mettant mon imagination, on peignant mon univers, en décrivant mes personnages. Seulement, sans vous, se ne sont que des simples mots, encadrés par des points et des virgules. C'est vous qui permettez à mon histoire d'exister, en donnant vie à mes personnages, en vous représentant les scènes où ces héros vont évoluer. Au fond, sans vous, rien ne se fait vraiment. Alors, chers lecteurs, travaillons ensemble, je vous apporte là un récit, faites-en un monde imaginaire.

Rhy's



 



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#Posté le mercredi 12 janvier 2011 11:32

Modifié le lundi 16 janvier 2012 07:15













Tiens bon, Joanne, tiens bon...



La clarté du jour avait laissée place à la nuit, avec sa cargaison d'étoiles et sa lune qui s'élevait au-dessus des nuages. D'une profondeur inconnue monta le hurlement d'une bête. Son cri lancé dans les bras du vent, se fit écho dans le silence humide du mois de septembre. La pluie fouettait les vitres d'une voiture qui s'apprêtait à quitter San Francisco, embrouillant trop la netteté du paysage pour que Joanne puisse reconnaitre les rues. Le coude appuyé contre la portière, elle observait comme à travers le fond d'une bouteille, le paysage qui défilait sous ses yeux. Alentour, l'obscurité drapait la ville sous sa toile de camouflage, que seuls quelques scintillements de lumières éclairaient. En regardant à travers ses cils à demi- baissés, l'adolescente crut apercevoir une silhouette flotter à proximité de la vitre. Elle se redressa aussitôt mais ne vit rien. Pourtant, les battements de son c½ur s'accélérèrent sauvagement et une douleur sourde enserra ses tempes. La voiture Franchit le Golden Gate Bridge avec sa vue imprenable et prit la direction de l'est. La lune se reflétait sur les routes luisantes, Joanne ferma les yeux. À mesure que le véhicule avançait, la jeune fille crispait les poings.
Danny, du coin de l'½il, perçut le mal être de sa s½ur. Sans un mot, il prit la main de l'adolescente dans la sienne et la pressa. Elle tressaillit légèrement et accrocha le regard de son petit frère. Un sourire illuminait son visage d'enfant. Joanne se pencha de côté pour poser un baiser sur son front lisse, Pourquoi avait-elle la douloureuse sensation que rien ne serrait plus jamais pareil ?
Soudain, un bruit sourd fit trembler le toit de la voiture. Les passagers sursautèrent.
Joanne vit des yeux rouges plaqués contre le carreau, puis tout alla très vite.
Le véhicule se mit à tanguer, Danny poussa un hurlement de terreur et, le temps d'un souffle, tout parut se figer. La portière coté passager s'ouvrit sous le choc, la jeune fille se sentit happée vers l'extérieur comme si une force invisible l'y encageait avec violence. À l'instant où ses doigts échappèrent brutalement à ceux de son frère, elle se tourna vers lui, la main encore tendue, le souffle court. Il eut un mouvement inachevé vers elle, les yeux étincelants de peur, puis disparut au regard de l'adolescente qui fut éjectée hors du véhicule.
La voiture tourna sur elle-même comme une toupie et vint s'encastrer contre la glissière de sécurité. Il eut un énorme choc accompagné d'un terrible bruit de verre brisé et de métal broyé. Puis une explosion d'une violence rare souffla les lieux. Deux corps furent violemment propulsés en l'air par l'onde de choc et retombèrent lourdement à terre. Une lumière aveuglante perça la nuit quelques secondes, éclairant un instant la zone de l'accident et tout devint noir.
L'odeur de chair grillée emplissait l'air. Le sol était jonché de divers débris et une épaisse fumée saturait l'atmosphère. Eric ouvrit lentement les yeux et attendit que sa vision s'éclaircisse. Sa respiration lui brûlait la poitrine et son corps n'était plus qu'un tissu de souffrance. Il alluma sa lampe frontale et lorsqu'il distingua sur sa gauche l'épave enflammée du véhicule, ses idées se remirent immédiatement en place. Le visage grimaçant il se redressa avec difficulté et suivit en chancelant une traînée de sang sur le sol. Quand le jeune homme eut parcourut quelques mètres, il vit le corps de l'adolescente sous les rayons blafards de la lune. Il s'élança aussitôt et se jeta à genoux près d'elle.
Allongée sur le dos, le visage livide, Joanne gisait dans une mare de sang. Eric lui prit le pouls, il était fort et régulier, mais son corps n'était que blessure. Il lui souleva délicatement la tête, deux filets de salives sanguinolentes coulèrent de ses lèvres.

- Pardon, dit-il à voix basse, je n'ai jamais voulu ça.

Elle ouvrit lentement les yeux, et son regard, après avoir paru flotter un instant, finit par se poser sur l'adolescent.

- Da..Danny articula-t-elle faiblement. Danny...

Et son corps eut un soubresaut, tandis qu'une larme roulait le long de sa joue, puis l'inconscience la délivra de la douleur.


***



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#Posté le mercredi 02 février 2011 13:19

Modifié le mercredi 08 février 2012 10:42



San Francisco, le même soir.



Un adolescent se tenait en haut d'un gratte-ciel, le regard tourné vers l'horizon. Il avait le visage triste, les yeux aussi sombres que la nuit qui harponnait le ciel et aussi brillant que les étoiles qui y dansaient. Immobile dans la pénombre, il contemplait San Francisco à ses pieds. Un vent frais soulevait ses longs cheveux noirs, retenus seulement par une fine cordelette rouge. Du toit en terrasse, il avait une vue fascinante sur la ville, pour lui c'était un lieu privilégié. Un sanctuaire pour chasser les idées qui le rendaient trop vulnérable. Une parenthèse dans une existence faite de perpétuels combats, d'avenir incertain et de rêves floués. Ici, entre terre et ciel, il pouvait enfermer la beauté du paysage dans un regard, oubliant toute notion du temps. Désormais il ne se passait plus une seule nuit sans qu'il vienne se ressourcer sur le toit d'Edelweiss. Accoudé à la rambarde, le jeune homme écoutait respirer la ville. D'où il était, il ne perçut qu'un ronronnement étouffé, comme s'il entendait les bruits à travers un épais mur de verre. Au loin, les lueurs du Golden Gate bridge se reflétaient dans les eaux sombres du détroit. San Francisco était magnifique, surtout la nuit.
L'adolescent scruta le ciel d'un air douloureux et poussa un soupir. Il ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Il y avait tellement d'image en lui, de souvenirs qui tournoyaient inlassablement, même lorsqu'il avait les yeux clos et qu'il cherchait en vain le sommeil.
Entre ses doigts tremblants, une lettre manuscrite, messagère d'une nouvelle qui l'avait accablé il y a deux ans et dont son c½ur portait encore la déchirure. Depuis, il n'était ni heureux ni triste, mais simplement vide et perdu. Son regard glissa sur la lettre. Il en connaissait les moindres mots. Les moindres ratures et ce qu'elles laissaient deviner. Les moindres rajouts et ce qu'ils tentaient de réparer.
Confusément, à travers les lignes, il sut à quel point il avait mal compris son père et se sentit honteux en songeant qu'il n'avait jamais vraiment parlé avec lui.
Pourquoi avait-il fallu qu'il meure avant de lui apprendre la vérité ?
Le jeune homme froissa la feuille dans sa paume. Au-dessus de lui, des nuages noirs s'amoncelèrent et la pluie commença à tomber. Un cri monta dans la nuit, le même qui était déjà monté la nuit précédente. Il leva les yeux au loin et le temps d'un très court instant, l'inquiétude se peignit aux fonds de ses prunelles.
Soudain, il entendit un énorme bruit de souffle, suivit d'une violente explosion.
L'adolescent en ressentit le choc assourdi jusque dans la poitrine. Il sursauta. Un trait de lumière ouvrit le ciel et incendia la nuit d'une lueur orangée. Relevant la tête, il se sentit subitement propulsé en arrière et ce fut là, avec une clarté saisissante, qu'une vision s'imposa à lui. Il vit le visage d'un enfant hurlant dans un brasier et la main tendue d'une jeune fille qui essayait vainement d'échapper aux langues de feu. L'adolescent tressaillit violemment de tout son corps. Comme dans un rêve dénaturé, il eut l'étrange sensation d'être lui aussi à l'intérieur d'un immense foyer. Des flammes jaillirent en un seul mouvement, l'encerclant dans une chaleur aveuglante. Plissant les paupières, il leva son avant-bras en protection au-dessus de ses yeux et tenta de saisir cette main qui cherchait la sienne. Mais sa main traversa celle de l'apparition et ne rencontra que le vide. Alors il vit son visage. Un visage qui exprimait une même incrédulité. Une même incompréhension que le sien.
Elle le fixait, l'empreinte des flammes au fond des yeux. Il y avait tellement de choses dans ce regard. Autant de souffrance que de volonté. Autant d'abattement que de force. Et au fond, tout au fond, une leur d'espoir si faible, si vacillante, qu'il sembla à l'adolescent, sur le point de capituler.
Il n'eut pas le temps d'en voir plus, car le vent faucha l'image irréelle d'un souffle et il la vit disparaître tel un mirage. Les yeux écarquillés, le jeune homme demeura un long moment immobile, paralysé par le choc. Et quand il eut retrouvé ses esprits, il leva doucement la tête vers le point précis de l'explosion. Les lueurs orangées avaient disparues et seules demeuraient les vagues sombres de la nuit et sa couronne d'étoile.


***














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#Posté le lundi 17 janvier 2011 16:25

Modifié le jeudi 09 février 2012 12:20

Eric envoya valser la porte de l'infirmerie d'un coup de pied. Le docteur Fersen se retourna brusquement et vint aussitôt à sa rencontre. Il reçu contre lui le corps inanimé de Joanne et l'allongea prestement sur un lit.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il.

Eric ne répondit pas. Prit d'un tremblement incontrôlable, ses yeux étaient rivés sur l'adolescente. Le docteur Fersen jeta un rapide coup d'½il par-dessus son épaule et comprit que le jeune homme était en état de choc.

- Eric !

L'adolescent tressaillit et son regard se posa sur le Docteur. Graduellement, il calma sa respiration et maitrisa les tremblements de ses mains.

- Un Santos à envoyé leur voiture contre la glissière de sécurité, répondit-t-il au prix d'un effort. Les autres passagers sont morts...j'ai effectué les premiers soins sur place mais...je n'ai pas prévenus les pompiers...c'était...enfin...je ne savais pas...

L'adolescent était si bouleversé qu'il ne put terminer. Et pourtant, il avait déjà vu des corps mutilés, des ventres ouverts, des têtes coupés, des horreurs dont on l'avait entraîné à faire face. Mais un souvenir dansait devant ses yeux, un souvenir qui remontait à l'époque de son enfance, quand le remord l'avait accablé pour la première fois.

- Elle est en arrêt cardio-respiratoire ! cria le médecin, c'est pas vrai !

Il se mit aussitôt en position et effectua un massage cardiaque sur le corps inconscient.

- Et un...et deux...et trois...et quatre... et cinq...allez ! reviens !

Le médecin comprima le thorax de la jeune fille 32 fois, puis pressa sa bouche contre la sienne pour la ventiler.

- Reviens ! souffla- t-il en reprenant aussitôt le massage après le bouche à bouche, ne baisse pas les bras, je t'en prie...

Eric observa la scène avec un regard épouvanté. Et quand le médecin s'arrêta, après de longues minutes, il sembla à l'adolescent que son sang se figeait dans ses veines.

- Heure du décès, 6h30.

- Quoi ? Qu'est-ce que vous faites ? s'écria l'adolescent en agrippant le bras du médecin, enlevez ce draps de son visage ! elle ne pourra plus respirer !

- Elle est morte, répondit calmement le Docteur Fersen.

- Morte...répéta Eric en écarquillant les yeux, incrédule. Morte...

Ce fut à ce moment-là que quelque chose se brisa en lui. Affolé, il se précipita vers le lit, retira violemment le draps et frémit en constatant que Joanne ne respirait vraiment plus. Alors, comme un automate, il laissa sa main lui effleurer la joue. Il nota que quelques débris de la vitre arrière étaient encore collés dans ses cheveux. Et que son visage surtout ressemblait à une personne qu'il connaissait bien. Une personne qui avait également perdu la vie, par sa faute.

- Ce n'est pas possible, souffla-t-il. Pas comme ça...

Le docteur Fersen hésita quelques secondes, puis posa une main bienveillante sur l'épaule de l'adolescent.

- Allons ! petit, allons ! dit-il. On te prépare chaque jour à ce genre d'épreuve. ressaisis-toi.

- Elle est morte, parce que j'ai désobéis à un ordre, murmura-t-il avec une fêlure dans la voix. Parce que j'ai voulu venger ma s½ur...

Il demeura prostré quelques instants comme écrasé par la douleur, puis, d'un geste de désespoir, martela la poitrine de Joanne de ses deux poings serrés.

- Ce n'est pas possible, répéta-t-il. Pas comme ça ! pas comme ça !

Le docteur Fersen vint derrière lui et emprisonna ses bras.

- Lâchez-moi !

- Pas avant que tu te sois calmé ! Bon sang, Eric, Qu'est-qui t'arrive ?!

à cet instant là, le jeune homme vit la poitrine de l'adolescente se soulever. Il crut d'abord à une illusion due aux lumières qui filtraient à travers le store. Mais en contemplant mieux, il vit que ce n'était pas le cas.

- Mon Dieu, Doc ! regardez !

- Quoi ?

- Elle respire !

Le docteur Fersen bondit sur le côté et posa aussitôt la tête sur le c½ur de la jeune fille. Il n'y avait aucun doute possible, Joanne respirait.



***






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#Posté le jeudi 13 janvier 2011 15:44

Modifié le mercredi 08 février 2012 10:49

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